Retour

L'EXPOSITION "UN ETANG A SAUVER"

Sommaire :
Un peu d'histoire... géologique
Un peu d'histoire... de la préhistoire aux temps modernes
Aménagements des rives
Implantations industrielles
Pétrole, pétrochimie....une richesse, mais aussi le "goût de mazout"
La chaîne hydraulique de la Durance
Poursuite de l'industrialisation... L'urbanisation
Réactions, Manifestations
Réhabilitation de l'Etang... L'Arlésienne ?
L'Etang... Carte d' identité
Etang marin ? Etang saumâtre ?
L' Etang change
Les Zones Humides... Patrimoine naturel menacé
Des paysages à préserver
Un patrimoine mal connu à préserver... La couche géologique "d'eggs en Provence"
Les salines... et les "râteleurs de cristaux"
Le rêve effondré ! faut-il rouvrir le tunnel du Rove ?
Chaîne de la Sécurité Industrielle
Le fond de l'air effraie
Atmosphère, atmosphère... Ce que propose le MNLE


sommaire

Un peu d'histoire... géologique

régression, transgression, altération, érosion, sédimentation...
une carte géologique de 1839

   L’étang se situe dans une dépression creusée dans des terrains détritiques en bordure du synclinal d'Aix en Provence, entre le crétacé des collines de la Fare au nord et celui de la chaîne de la Nerthe au sud. C'est une cuvette communiquant avec le golfe de Fos par le chenal de Caronte.

   La passe de Caronte est une ancienne vallée au tracé sinueux, inscrite dans des argiles et des marnes tendres. Elle a été évidée progressivement lors de la régression marine du dernier cycle glaciaire au quaternaire par l'érosion de petits fleuves côtiers. Cette ancienne vallée a ensuite été remblayée, puis submergée après le retour des eaux marines vers 6000 avant J.C., qui envahissent alors l'Etang de Berre. La passe de Caronte est le point de rencontre entre les eaux limoneuses de l'Etang et les eaux marines, point où se forment un "bouchon" vaseux par floculation et des dépôts sédimentaires. C'était un secteur marécageux, fangeux, parsemé d'îles (sèdes) et de bras. Le colmatage progressif de la passe de Caronte a pu induire, par périodes, un fonctionnement autonome de l'Etang. Les aménagements humains au fil des siècles ont soit renforcé cette évolution naturelle, par poldérisation et remblaiements, soit cherché à la contrarier par creusement de canaux.

Sans le creusement du canal maritime, l'étang de Caronte serait aujourd'hui une lagune en voie de colmatage et l'étang de Berre une vasière.

sommaire

Un peu d'histoire... de la préhistoire aux temps modernes

   L’occupation humaine apparaît entre le 10ème et le 8ème millénaire avant notre ère.
Dès la fin du Paléolithique (10.000 avant J.C.) les abris du vallon de Sulauze sur la commune d'Istres sont occupés par des chasseurs d'antilopes et de petits équidés. A partir de 8000 avant J.C., à la fin des temps glaciaires, le réchauffement du climat favorise le développement de l'occupation humaine; de petits groupes de chasseurs-cueilleurs vivant aussi de la pêche et de la collecte des coquillages fréquentent alors des abris naturels tels Font des Pigeons à Châteauneuf les Martigues entre le 8ème et la fin du 6ème. La steppe froide du Würm est progressivement remplacée par un paysage dominée par la chênaie caducifoliée.
   Le 5ème millénaire avant J.C. voit se développer l'agriculture, l'élevage et la sédentarisation. Sur le site préhistorique de Châteauneuf-les-Martigues on voit apparaître pour la première fois dans le Sud de la France la technique de la céramique modelée.
   Au cours des trois millénaires suivants, le peuplement très progressif des rives de l'Etang aboutit à la mise en place d'une véritable paysannerie regroupée en petits villages de plein air (au plateau de Miouvin à Istres, au hameau du Collet du Redon à la Couronne, entre autre). L'éperon fortifié de Laure (-1800 ans) et son rempart est le plus ancien oppidum du Midi de la France (gisement de céramiques évoquant des influences italiennes). Déforestation et agriculture fixée modifient peu à peu la couverture végétale pendant l'âge du Bronze, favorisant l'extension des chênes verts et des garrigues.
   Durant le premier Age du Fer et surtout au VIe et Ve siècles avant J.C., ce secteur connaît une concentration humaine tout à fait exceptionnelle. Ainsi sur le territoire actuel de Martigues quatre sites gaulois importants illustrent cet habitat "proto-urbain": Tamaris, l'Arquet, Saint-Pierre, L'Ile. L'oppidum de Saint-Blaise date de la même époque; notons que la colonie phocéenne de Marseille fut créée en 600 avant J.C.
   L’occupation romaine va modifier le paysage de la région, par l'implantation de tout un réseau de "villae" à la base d'une économie céréalière, viticole et oléicole, notamment dans les plaines alluviales de l'Arc et de la Durançole. On connaît également, datant de cette époque des établissements agricoles à Saint-Julien par exemple, qui ont fortement marqué les paysages du littoral ainsi que les carrières de la Couronne utilisées pour les chantiers de la période hellénistique de Marseille .
   Au cours de l'époque médiévale et moderne les mutations agricoles vont avoir de profonds impacts sur le milieu et les paysages du nord de l'étang. sommaire

Aménagements des rives

   Au XIXème siècle naît l'idée de faire de l'étang un espace économique complémentaire à la Cité Phocéenne.
Le canal de Caronte .
La mer (Port-de-Bouc) est à droite de la photo, Martigues apparaît sur la gauche. Le viaduc du chemin de fer est en construction. 
< Le canal du Rove aujourd'hui.
Terminé en 1925, il permettait de transporter des marchandises par voie d'eau du Rhône jusqu'au coeur du port de Marseille en passant par le golfe de Fos et l'étang de Berre. Après un effondrement survenu en 1963 dans la partie en tunnel il est maintenant abandonné.

   Le site est prêt pour les grandes implantations industrielles du XXème siècle. Toute cette histoire ininterrompue de creusement, de remblaiements, de constructions nouvelles, de voies de circulation, vont modifier profondément les paysages notamment au sud de l'étang.
 

sommaire

Implantations industrielles

   La région de l'étang de Berre, comme le Midi méditerranéen n'a pas connu la révolution industrielle du XIXème siècle. Les seules activités industrielles étaient celle de la Poudrerie Royale de Saint Chamas (fermée en 1974) et celles liées au sel. Le développement industriel s'est accéléré entre les deux dernières guerres.    La défaite de l'Allemagne en 1918 qui donna à la France la main mise sur l'exploitation du pétrole irakien entraîna l'importation de pétrole brut sur le site de l'étang de Berre.    La loi de 1928 donna obligation de raffiner sur le Territoire National, ce qui entraîna en 1931 la mise en fonctionnement de la raffinerie de Berre et en 1934 de celle de La Mède.
 

sommaire

Pétrole, Pétrochimie... une richesse, mais aussi le "goût de mazout"

   Après 1945 les choix de politique énergétique fondés sur le recours massif aux hydrocarbures importés à bas prix du Moyen-Orient vont relancer le développement d'une puissante industrie du raffinage.    Cette mise en œuvre d'une politique économique de grands travaux a profondément modifié les paysages du pourtour de l'étang et, en l'absence de préventions, dégradé les conditions environnementales, notamment celles du milieu aquatique : en 1957 une loi est votée qui interdit la pêche dans les eaux de l'étang. L'étang est condamné, les pêcheurs sont indemnisés.
 

sommaire

La chaîne hydraulique la Durance

   En 1955 une loi déclare d'utilité publique la dérivation de la Durance entre le confluent du Verdon et l'étang de Berre.    C'est la dernière centrale EDF aménagée sur le canal usinier de la Durance qui dérive, depuis la chute de Mallemort, l'essentiel des eaux du fleuve vers l'étang de Berre par le pertuis de Lamanon et la région de Salon. Ces eaux retrouvent donc en partie un ancien cours de la Durance directement vers la mer qu'elle avait quitté lorsque le fleuve a construit les grands cônes de déjection de la Crau.

   Au départ il y eut deux projets de débouché du canal :

   C'est ce dernier, plus court, qui fut choisi en raison de son moindre coût.
 

 Cet équipement hydraulique a une double vocation 
  • répondre aux besoins énergétiques de l'industrie et de la population. Depuis Serre-Ponçon jusqu'à Saint-Chamas, la chaîne hydroélectrique de la Durance permet avec ses 18 centrales de fournir, avec souplesse, 2000 mégawatts en énergie électrique c'est à dire l'équivalent de deux tranches nucléaires.
  • gérer les besoins en eau pour les activités industrielles, agricoles et domestiques. 

   Le déversement de façon totalement erratique de plusieurs milliards de mètres cubes par an d'eaux douces limoneuses, soit environ quatre fois la capacité de l'étang , a donné le coup de grâce à un écosystème déjà profondément perturbé.
   Depuis, 70% des fonds de l'étang sont devenus impropres à la vie.
 

sommaire

Poursuite de l'industrialisation... l'urbanisation

   1970 est une date clé pour la région de l'étang de Berre:
c'est l'application de l'orientation décidée par le gouvernement de faire, dans le cadre des grands travaux, de la Zone Etang de Berre/Fos une zone stratégique.
Dans ce cadre il y a    Le plan prévoyait de tripler la population de la Zone Etang de Berre/Fos dans la période 70/85.
   Des villes nouvelles ont vu le jour à Vitrolles, Istres, Miramas et Fos.
   L'urbanisation s'est étalée en taches d'huile partout: quartiers nouveaux, grands ensembles dans les années 60, lotissements pavillonnaires aujourd'hui plus ou moins bien intégrés aux vieux noyaux villageois.
   Le bassin versant de l'étang compte actuellement plus de 450.000 habitants dont plus de 220.000 habitants sur le périmètre immédiat.
 

sommaire

Réactions, Manifestations

   Au début des années 70, devant la dégradation de l'environnement dans la région de l'Etang de Berre et du Golfe de Fos, ont lieu les premières réactions et manifestations importantes des populations, d'autant que le gouvernement veut prononcer une déclaration d'insalubrité du Golfe de Fos, pour le livrer aux rejets de la sidérurgie comme il a livré l'Etang de Berre aux pétroliers.

Mais cette fois c'est l'explosion.


   Dans ce contexte, pour appliquer les objectifs des Pétroliers et les choix gouvernementaux sur la Zone Etang de Berre/Fos, une réflexion industriels/Pouvoirs Publics débouche sur la création du S.P.P.P.I. (Syndicat Permanent pour les Problèmes de Pollution Industrielle) en 1971.
   Il s'agit d'un organisme public placé sous l'autorité du préfet et composé essentiellement d'élus, d'experts scientifiques, d'industriels et de membres de l'administration.
   Une des premières décisions a été la création, en 1972, d'AIRFOBEP, association pour la gestion d'un réseau de surveillance et d'alerte sur la pollution atmosphérique.
 

   Les industriels développent une politique d'intégration intense auprès des mairies, auprès d'élus locaux et ont la main mise sur les structures mises en place. 
   C'est le début, cependant, d'une politique régionale d'environnement, une première dans le pays.

La création du SPPPI a effectivement abouti à la réduction des grands flux de polluants (matières organiques, hydrocarbures....) passant à 50% en 1975, 90% en 78, et 98% actuellement. Pour tous les établissements les normes de rejets sont devenues plus sévères. Toutes les communes sont équipées aujourd'hui de stations d'épuration.

   C'est un mieux, mais ce n'est pas suffisant.

Avec la mise en œuvre d'un plan efficace de dépollution des rejets industriels et urbains, petit à petit émergèrent l'idée et l'espoir de redonner vie à l'étang. Il fallut déchanter!
Très vite l'usine EDF de Saint Chamas est mise en accusation. Les accidents écologiques se multiplient, suivis de réactions, prises de position etc.
 

sommaire

Réhabilitation de l'Etang... L'Arlésienne ?

Quelques dates :

Le plan de reconquête annoncé par le Ministre de l'Environnement le 2 septembre 1993 doit s'étaler sur 10 ans. Il consiste en : sommaire

L'Etang... Carte d' identité

   L’étang a une surface de 15.000 hectares et un volume évalué à 980 millions de m3. Sa profondeur moyenne est inférieure à 6m (10 au Sud, de 3 à 6 au Nord). Son contour, découpé, représente près de 80 km de côtes, autant que le littoral entre Marseille et Toulon !
   L'étang est constitué par un plan d'eau principal et trois annexes :    Il est alimenté en eau de mer au Sud par le chenal de Caronte dragué à -9m.
L’étang reçoit les eaux de plusieurs cours d'eaux à régime méditerranéen marqué : dont les eaux sont dégradées par des rejets industriels agricoles et domestiques
   Depuis 1966 il reçoit également la plus grande partie des eaux de la Durance par le canal usinier d'EDF.
 

   Ceci représente un vaste bassin versant de 1630km2, avec urbanisation et industrialisation intenses et une gestion de l'espace et des pollutions quasiment nulle, d'où un état écologique des milieux et des risques d'inondation très préoccupants.

La réhabilitation des rivières nécessite 
  • la maîtrise de l'assainissement des principales agglomérations du bassin versant, Aix en Provence pour l'ARC, Salon pour la Touloubre, Vitrolles et Les Pennes-Mirabeau pour la Cadière
  • la maîtrise des rejets industriels et agricoles 
  • l'élimination des pollutions diffuses (la plaine de Berre étant zone sensible).

   Si les côtes Est et Sud sont fortement industrialisées et urbanisées, les littoraux Ouest et Nord ont conservé en de nombreux endroits un "aspect naturel": pinèdes, garrigues. Le bord de l'étang n'est pas toujours facilement accessible: à Istres les dénivellations sont de l'ordre de 50m, à Saint Mitre les Remparts le Mont Calaraou culmine à 126 m.
   Le littoral Nord-Est a une vocation agricole: oliviers, vignes, cultures maraîchères. Sur la plaine de Berre là où le parler local ne signalait autrefois que des cailloux, les gravons, la production maraîchère et les surfaces de serres couvrent aujourd'hui près de 250 ha.

   Une partie du littoral de l'Etang de Berre est classée en zone de protection de la nature. De vastes espaces sauvages sont ainsi protégés en bordure de l'étang.
Il s'agit :

   Jouxtant le pourtour de l'étang à l'est s'étend le vaste plateau boisé de l'Arbois, dont l'unité et le fonctionnement écologique sont fortement compromis par les prochaines réalisations d'urbanisation et d'aménagement (gare TGV, liaisons routières, technopole).
 

   L'examen du plan d'occupation des sols fait apparaître que 51% de la bordure littorale sont classés en zone de protection de la nature (ND) et 21% en zone urbanisée. Soyons attentifs à ce qu'il n'y ait pas de changement majeur de vocation de zone, notamment pour celles classées NC (agricoles), que les zones classées NA ne fassent pas l'objet d'une urbanisation outrancière. 
   Faisons respecter la Loi Littoral !

sommaire

Etang marin? Etang saumâtre?

Témoignages


"Les modifications topographiques capables d'influencer les conditions de milieu dans l'étang de Berre ont été diverses, naturelles ou artificielles, directes ou indirectes, si bien qu'elles ne se sont pas produites selon un sens irréversible. L'homme et la nature ont été quelques fois des alliés, souvent des antagonistes. L'étang, abandonné à lui-même évoluerait vers un comblement inéluctable, qui s'était produit déjà dans la région de Caronte. D'autre part les eaux du Golfe de Fos ont dû subir des changements de régime en fonction du tracé de l'embouchure principale du Rhône plus ou moins rapprochée de ce golfe, tantôt s'y déversant directement, tantôt s'en écartant."
P. Mars, 1961 Thèse de Doctorat.

"Les eaux douces qui se déversent dans ce bassin par les ruisseaux, les rivières, les canaux et par les sources sous-marines appelées lourouns dans le pays, en diminuant considérablement la salure, qui, dans les points les mieux favorisés , près de Martigues, ne dépasse jamais de beaucoup la moitié du degré des eaux de la haute mer. D'ailleurs, cette salure s'affaiblit tellement dans certaines régions, vers Saint-Chamas et Bolmon par exemple, que l'eau y devient presque potable."
   Marion, 1886 directeur de la Station Zoologique d'Endoume.

Cette faible salure, mais à un moindre degré se retrouve vers Berre, selon Chevallier, professeur à la faculté de Nancy (1916)
"ils (les salins) sont installés à l'ouest de la ville, à la fois sur les bords de l'étang de Vaïne et du grand étang; ils doivent leur importance à leur situation privilégiée au milieu de la crau de l'Arc où ils ont pu se développer tout à leur aise; la faible salure de l'eau qui les alimente est largement compensée par une exposition parfaite au soleil et au mistral."

Gourret en 1907, élève de Marion et sous-directeur de la Station Zoologique d'Endoume ajoute que malgré une augmentation du débit des canaux dans la région de Saint-Chamas
"la salure qui ne dépasse guère 1,8° B a augmenté depuis le creusement du canal maritime, d'après les vieux pêcheurs. Ceux-ci se plaignent parce que, disent-ils, l'augmentation de salure en faisant disparaître les Potamogeton et en favorisant les Zostera et les Ruppia a créé des conditions défavorables à Saint-Chamas où la pêche est rendue impossible.

Chevallier,en 1916 montre que la salinité moyenne estivale au centre de l'étang était de 24‰.
Il ajoute :
" lorsque l'ouverture du canal de Marseille au Rhône sera un fait accompli, la densité des eaux dans la partie méridionale de l'étang augmentera certainement d'une façon sensible."

Et de fait, Paul Mars dans les mêmes conditions observe une salinité de 31-33‰ en 1961.

L'élargissement de Caronte et le percement du tunnel du Rove avaient donc fait progressivement augmenter la salinité de l'étang et réduire les fluctuations spatiales et saisonnières.
 


Cette relative stabilité fut bouleversée par la dérivation de la Durance dans l'étang qui provoqua une alternance saisonnière marquée de la salinité, de 4 à 10 ‰ en hiver et 10 à 23 ‰ et plus en été , faisant de l'étang un estuaire à coin salé avec la présence d'une forte halocline en hiver et une lagune saumâtre en été. 
L’étang qui en moyenne présentait une perte de 1cm par an de sa profondeur avant 1966, a vu augmenter de manière conséquente son envasement avec les apports de limons de la Durance qui ont également désertifié les fonds du site. 

sommaire

L' Etang change


Dans tout étang littoral l'organisation écologique dépend étroitement du fonctionnement hydrique (échanges avec la mer et apports du bassin versant) et de ses fluctuations, elles mêmes liées aux évolutions climatiques. 
Les espèces présentes sont en général tolérantes aux variations de température, de salinité ou de teneur en oxygène des eaux. Il existe une diversité de peuplements qui témoigne d'une réelle hétérogénéité physique du milieu. Une véritable zonation biologique s'établit en fonction de l'éloignement du domaine marin.

Situation en début du siècle.

   En 1916 d'après Chevallier la végétation littorale est abondante la zone est occupée par des ulves, des corallines, et surtout une grande Cystoseire . Les Zostères s'étendent en véritables prairies jusqu'à 6-7m de profondeur. Dans les eaux plus douces des environs de Saint-Chamas et de Merveille les zostères sont remplacés par des Ruppia ; en quelques points même les Potamots et les Chara peuvent croître. Au dessous de la zone littorale à partir de 6-7m se développent des algues rouges.
   Cette végétation offre un asile souvent impénétrable aux poissons. Elle abrite et nourrit des milliers d'invertébrés qui constituent la pâture habituelle des animaux comestibles.
   Les zostères donnent lieu à une industrie très prospère sur une grande partie de l'étang : le varech. Il est surtout employé à l'emballage et à la literie ; celui de qualité inférieure est employé comme engrais. Dans ces prairies de Zostères se rencontre en abondance une petite espèce de moule, appelée musclé fer (Moule sauvage) par les pêcheurs.
   Sur les fonds vaseux qui succèdent aux herbiers au centre de l'étang se développe en bancs épais une autre moule la Mytilus galloprovincialis. Ces bancs, exploités depuis des siècles, se maintiennent malgré une pêche intensive.
   En 1912 un peu plus de 300 pêcheurs, montés sur des embarcations à fond plat ou bettes, exploitaient l'étang de Berre. Ce sont les espèces migratrices qui forment le plus gros appoint de poissons récoltés: muges, loups, daurades, rougets, sardines, anchois, anguilles. En hiver lorsque l'étang se congèle, on procède à la récolte des poissons engourdis ou tués emprisonnés par la glace ; ces pêches dites martégades sont parfois extraordinairement fructueuses.

Situation en 1961.

   Tous les herbiers sont en régression depuis l'époque de Gourret et de Chevallier. Ils ne sont bien développés que dans la zone Nord du grand étang; ils se retrouvent le plus souvent sous forme discontinue, de taches. Dans l'étang de Vaïne où la végétation était particulièrement dense, les herbiers, dans les parties les moins profondes ont été détruits par les froids exceptionnels de l'hiver 55-56. Dans l'étang de Bolmon les herbiers formés de Ruppia recouvrent toute la surface.
   Les bancs de moules se retrouvent surtout dans le Nord de l'étang sous l'influence des apports des canaux et rivières (mais en grande partie dans une zone classée insalubre).
   Dans le parage de l'Arc se sont établis des bancs mixtes de moules et d' huîtres; ces dernières grâce à une salinité plus élevée et plus stable ont pu se développer.
   Quant aux poissons:
" De 1949 à 1956, tandis que le nombre d'entrées de navires dans l'étang est passé de 1019 à 1866, le nombre de tonnes de poissons pêchés est passé de 708 environ à 376 environ." Morel, 1959.

Situation actuelle

   Jusqu'à 3 à 4 m de profondeur les fonds sont occupés par une flore benthique constituée d'algues tolérantes (Ulves en particulier) et de Phanérogames euryhalines (Zostera et Ruppia). Les zones plus profondes sont désertées à la fois par les effets combinés des apports de limons et de la désoxygénation des eaux qui prévaut environ 8 mois par an.
   Par contre la couche de mélange d'eau dessalée est toujours très productive, avec des communautés d'espèces d'eau douce ou peu salée. De fortes poussées algales peuvent survenir du fait de la richesse de ces eaux en éléments nutritifs (flux Durancien, apports des rivières, effluents urbains, lessivage des sols ..) et en conjonction avec des conditions climatologiques particulières, (temps calme, ensoleillé, persistance de température élevée) induire des crises de dystrophie : eaux colorées, mousses, désoxygénation, mortalités de poissons.
   En 95 le nombre de navires enregistrés au Quartier Maritime n'étaient plus que 42 contre 61 en 94 soit 39 patrons embarqués.
   Le tonnage d'espèces pêchées se répartit comme suit :    Cette réduction drastique de la flottille est également la conséquence d'une politique de la Commission Européenne de restructuration du secteur de la pêche.

   Deux ans après le plan de reconquête, qu'en est-il ?

   Pour EDF l'objectif de réduction des apports d'eau douce de 15% du volume entrant dans l'étang, augmenté à 35% en avril 95, a été atteint.
   Les apports d'eau douce ont atteint 2.537 millions de m3.
   Les apports de limons sont restés très en deçà du seuil imposé soit 75.702 tonnes contre 200.000 tonnes.
   Pour la Mission scientifique qui fait le suivi écologique de l'étang les analyses montrent:

   Les résultats ne sont pas ambigus : le projet retenu de réduction des apports à 15 et même 35% n'est pas en mesure d'atténuer de façon efficace la stratification verticale du milieu ni de réduire les fortes variations du milieu.
 

Le MNLE a toujours soutenu que seule une déviation des eaux et des limons vers le Rhône en aval de Saint-Chamas peut permettre le retour à un étang vivant, prospère. 
Il faut s'en donner les moyens.

sommaire

Les Zones Humides... patrimoine naturel menacé

   Le long du littoral de l'étang la zone marécageuse est assez étroite mais présente des extensions au niveau des deltas des rivières. Les Paluns, la "Petite Camargue", le Bolmon sont des milieux semblables à la Camargue, avec une végétation halophile et un paysage de sansouires (Tamaris, salicornes).
   L’avifaune est extrêmement diversifiée et nombreuse (plus de 150 espèces de nicheurs, migrateurs ou hivernants). On observe la nidification d'espèces rares: Foulque, Grèbe à cou noir, Butor étoilé, Aigrette, Héron, Busard des roseaux, Flamant rose etc...
   Les terrains donnés par Total au Conservatoire du Littoral, avec l'étang de Bolmon, le lido du Jaï et les marais des Paluns forment un ensemble naturel exceptionnel de près de mille hectares.
 Le site est occupé de façon régulière par des avocettes et des colonies de Chevaliers gambette. On y entend le Butor étoilé. Les canards, qui se comptent à certaines époques par milliers, font bon ménage avec les flamants roses.
On oublierait que le site se trouve situé entre l'aéroport de Marignane et la Raffinerie de Provence, à deux pas d'un centre d'essai militaire d'hélicoptères, d'une base d'aéromodélisme et d'un terrain de ball-trap.
 

Les sites des rives de l'Etang de Berre ont été retenus dans la liste des zones humides d'importance majeure. 
Six zones figurent dans l'inventaire ZNIEFF. 
Les salins de Berre sont classés parmi les sites ZICO 
Un point primordial pour réhabiliter les zones humides du Bolmon est de dépolluer les eaux de la Cadière qui s' y jettent, d'abandonner tout projet d'urbanisation. 
Nécessité d'une véritable gestion de ces sites.

sommaire

Des paysages à préserver


"Le paysage c'est un héritage, c'est un patrimoine. Celui d'une commune, d'un canton, d'une province...Et ce patrimoine est un monument vénérable au même titre qu'une cathédrale ou un palais. Il mérite les mêmes soins et la même attention parce qu'il est aussi précieux et aussi fragile, sinon plus... puisqu'il repose sur des équilibres qui ont été durement conquis et améliorés". 
Georges Duby. 

   Autour de l'étang de Berre, on trouve tous les sites capables d'illustrer les lieux communs de la Provence visitée : criques rocheuses, petits ports de pêche, plages, villages perchés pittoresques.
   Pourtant, ces lieux sont vides de touristes, les ports de plaisance sont à usage local, le spectacle des lagunes, des anses rocheuses et des terroirs réservés à des passants qui viennent y faire autre chose que regarder.

Mais aussi des paysages insolites, énigmatiques....

Les territoire ludiques ont souvent un air d'abandon.

C’est parfois le règne du vide immense, un alignement de cuves et aires de stockage , un désert battu par les vents, à peine hanté d'une étrange faune mécanique qui inquiète par sa démesure.

Etrange paysage.
 

sommaire

Un patrimoine mal connu à préserver... La couche géologique "d'eggs en Provence"

   Bien peu de gens savent que les couches géologiques de la région de Vitrolles et Rognac sont comme les pages d'un livre ancien : elles contiennent des messages (fossiles, sédiments, minéraux, roches) qui nous permettent de reconstituer patiemment l'histoire ancienne et mouvementée de la terre et de la vie.
   Vers 1869, à Rognac, P. Matheron "le père de la géologie provençale" découvrit les ossements de deux reptiles dinosauriens, le Rhabdodon priscus (sorte d'iguanodon) et Hypselosaurus (sorte de Diplodocus). Plus tard, il fit une découverte énigmatique: des segments de sphère. Etait ce des vestiges d'oeufs d'un oiseau gigantesque ou les restes d'oeufs de Dinosauriens ? Pour avoir la réponse il fallut attendre 1924, l'expédition de Chapman dans le désert de Gobi. Des oeufs semblables furent observés parmi de nombreux ossements de Dinosauriens.
   Depuis, de nombreux gisements d'oeufs de Dinosaures ont été découverts dans la région, dans la couche géologique devenue célèbre: la couche "d'eggs en Provence"! comme le disent avec humour les anglo-saxons. Cette couche de grès et de calcaire lacustre de Rognac appelée "Rognacien" date de 70 millions d'années.
   En 1947 , deux nouveaux Dinosaures herbivores furent décrits : un Hadrosaure ou dinosaure à bec de canard et un Ankylosaure ou dinosaure cuirassé. Plus récemment on découvrit après de longues et minutieuses recherches deux nouvelles espèces de dinosaures carnivores : un grand prédateur Abelisauridé et un petit prédateur Dromaesauridé.
   D’autre part la faune associée aux dinosaures fut enfin décrite : ptérodactyles, Crocodiliens, tortues, autruches, serpents, amphibiens, poissons, insectes.
   Avec ces récentes découvertes on a une idée assez précise des équilibres écologiques qui régnaient à cette époque dans ce coin de Provence.
 
 

Quel avenir pour les Dinosaures provençaux ? 

Une petite ville de l'Aude, Esperaza, où les couches géologiques sont les mêmes que celles de Vitrolles a compris tout l'intérêt de ce patrimoine exceptionnel. 
Elle a créé en 1992 le premier musée européen des dinosaures, ouvert des chantiers de fouilles animés par des paléontologues réputés, réalisé des reconstitutions grandeur nature, publié des ouvrages et des cassettes vidéo. Bilan 93 : 80.000 visiteurs venus de toute l'Europe, des emplois créés pour des jeunes, un essor économique pour cette commune rurale. 
L'Education Nationale en a saisi l'importance pédagogique, puisque l'étude de cette couche géologique est inscrite au programme des classes terminales scientifiques. 
Par contre à Vitrolles les Dinosaures semblent bien morts et enterrés... par les décideurs qui n'ont pas compris l'importance scientifique, culturelle et économique de ce patrimoine. 

   Une grande énigme pour la science, la disparition des Dinosaures et des trois-quarts de la faune au début du Montien (Vitrollien)...
   De très nombreuses hypothèses ont été formulées sur cette disparition, de 2 types : catastrophes ou impasse évolutive.
   Des scientifiques américains pensent qu'un météorite géant aurait heurté la terre (événement fort probable à l'échelle cosmique) ; la poussière dégagée par le choc aurait diminué le rayonnement solaire. L'hiver interminable qui aurait suivi, aurait provoqué les bouleversements constatés dans la flore et la faune (les animaux de petite taille résistant mieux que les grands).
Affaire à suivre !
 

sommaire

Les salines...et les "râteleurs de cristaux"

Témoignage de Chevallier, 1916
   Outre les salins "de Caronte qui puisent leur eau dans l'étang de Caronte, trois salines occupant une superficie d'environ 350 hectares, dépendent de l'étang de Berre. La Compagnie des Salins du Midi en possède deux : les salins de Berre et ceux de l'étang du Lion. Les salins de Berre d'une superficie de 300 hectares, sont les plus vastes de tous les établissements du même genre de la puissante société; ils existent depuis un temps immémorial."
   "A cette époque les salins de Berre récoltaient en moyenne 25.000 tonnes de sel par an, mais avec de grandes variations selon le climat. Ainsi en 1907 de grandes inondations ont complètement submergé les bassins, 50.000 tonnes de sel ont été perdues. Ce n'est que 4 ans après que le rendement est redevenu normal.
   La Compagnie des salins a fait creuser un petit port dans les salins de Berre et un chenal dans l'étang de Vaïne pour permettre aux navires d'y accéder; le sel est chargé sur des chalands qui sont remorqués jusqu'à Port-de-Bouc. Une grande partie est expédiée par voiliers sur les bancs de Terre-Neuve ou d'Islande pour la salaison des morues... Au retour, les navires rapportent de la morue qui est séchée à Port-de-Bouc ou à Martigues.
   La superficie de salins du Lion installés sur les bords de l'étang de Vaïne, près de Vitrolles est de 30 hectares et les 5000 tonnes récoltées annuellement sont transportées directement par charrettes aux fabriques de produits chimiques de l'Estaque et de Marseille."

   Actuellement, l'arrivée de l'eau de la Durance par le canal EDF à Saint-Chamas a fait baisser la salinité de l'étang en dessous de 10‰ la rendant impropre au saunage. Le relais a été pris en 1969 par les saumures venues de Manosque.
Le site de Berre, modeste pour sa production à côté des grands sites de Camargue, est valorisé par sa proximité des usines chimiques grosses consommatrices d'une matière première qui ne peut supporter d'importants coûts de transport.
 


   Les salins constituent des zones humides à forte composante artificielle, mais néanmoins de très grande valeur. Ils sont un patrimoine industriel et culturel à préserver.

 

sommaire

Le rêve effondré ! faut-il rouvrir le tunnel du Rove ?

Le 10 Juin 1963, les marins du Storm, navire de 21m qui faisait la navette tous les jours entre Marseille et Martigues par l'étang avec près de 50 passagers à bord, assistaient catastrophés à l'éboulement du tunnel du Rove.
Ce tunnel, long de plus de 7km, achevé en 1925, inauguré en 27 par Gaston Doumergue, était un vrai chef-d’œuvre pour l'époque. En 1963 c'était une liaison maritime importante : une vingtaine de bateaux passaient par là tous les jours.
 

Le Rêve 

 L’ idée de rejoindre directement Marseille au Rhône en évitant la mer et en même temps d'utiliser l'étang de Berre date de bien longtemps. 
Sous Louis XII, en 1507 un premier projet fut élaboré, sous Louis XIV, Vauban visita l'étang de Berre et exprima le regret de le voir inutilisé. 
Bonaparte visitant les côtes de Provence, parlait d'établir là les principaux établissements de défense de la France en Méditerranée. C'est à cette visite que l'on attribue la construction du canal d'Arles à Bouc qui fut commencé sous le consulat, canal qui dès le début a été peu fréquenté car de largeur insuffisante. 
Puis on construisit le canal Saint-Louis qui débouche dans le Golfe de Fos, pour relier directement la mer avec le Rhône; il fut terminé en 1871. 
En 1880 l'Etat fit établir à travers la vase de Caronte le canal Maritime. Avec une profondeur de 6m la navigation put alors exister entre la mer et l'étang. C'est à cette époque que la question de relier directement Marseille au Rhône fut reprise avec une nouvelle énergie; une véritable campagne fut organisée. Plusieurs tracés furent proposés. Le projet arrêté en 1879 est autorisé enfin par la loi du 24 décembre 1906. 
Les travaux de creusement du tunnel, durs et pénibles, seront réalisés de 1911 à 1925. 

L’impact de l'ouverture du tunnel sur l'étang.

   En 1916 Chevallier prévoyait :
"lorsque l'ouverture du canal de Marseille sera un fait accompli, la densité des eaux dans la partie méridionale de l'étang augmentera certainement de façon sensible. L'eau de Bolmon, qui pendant la saison des pluies est presque douce, et qui même en été possède une salure toujours inférieure à 1°B., verra sa densité se rapprocher de celle du canal maritime; ce phénomène apportera une transformation complète de la faune et de la flore actuelle."

   Une dizaine d'années après l'ouverture de cette communication directe entre Berre et l'Estaque, les pronostics de Chevallier se trouvaient en partie réalisés. On ne pouvait cependant parler d'une transformation complète de la faune; certaines espèces avaient disparu, d'autres s'étaient nouvellement introduites.

   "Si bien que le canal du Rove, bien qu'il permette l'entrée d'eaux marines ne peut jouer un rôle aussi considérable que le Canal de Caronte. Il joue un rôle régulateur d'abord pour l'étang de Bolmon dont la jetée ne l'isole pas parfaitement."
P. Mars, 1961.

Alors réouverture ? et pour quel objectif ?

   La fermeture du tunnel a surtout un impact néfaste en terme de pollutions olfactives pour les populations riveraines du canal, ainsi que pour l'étang du Bolmon qui a vu renforcer son confinement
   Depuis 1985 des travaux d'entretien sont effectués pour contribuer à une amélioration du milieu: dragages du canal, ouverture d'une galerie dans l'éboulement.
   Des projets existent de réhabilitation et de l'utilisation du tunnel du Rove comme nouvelle voie de communication. En particulier utilisation mixte en voie fluviale et voie ferrée.
Intérêts multiples :
  • réutilisation d'un ouvrage existant
  • emprises minimisées sur les propriétés foncières.
  • amélioration des relations futures entre Marseille-Istres, Martigues et l'Ouest de  l'Etang de Berre.
  • connexion sur le réseau urbain marseillais par les gares de Saint-Henri et Joliette.
  • réouverture à un passage d'eau entre l'Etang de Berre et la Rade de Marseille.

  •  

     
     
     
     
     

    sommaire
     

    Chaîne de la Sécurité Industrielle

    Quand un maillon cède, tout part...
    Si la région a besoin de son industrie pour vivre, elle a aussi besoin de vivre en toute sécurité.

    Or on note toute une série d'accidents sérieux ces dernières années :

    Dans ces accidents, quelle est la part Des solutions ?
     

    • Priorité à la sécurité des hommes. Pas de licenciements compromettant la sécurité. Priorité à une main d'oeuvre qualifiée. 
    • Pour les grands complexes, maintien des services d'intervention internes avec des pompiers professionnels travaillant sur le site, ayant une formation chimique et une connaissance du terrain. 
    • Etablissement d'une carte des risques précise, permettant de définir les effectifs, les moyens et la formation des sapeurs pompiers du département. 
    • Politique de régionalisation des productions limitant le transport des matières dangereuses, celui-ci s'effectuant en priorité sur rail et eau. 
    • Traitement des déchets des activités industrielles de la zone Etang de Berre /Fos au niveau régional. Création d'une décharge classée 1 en P.A.C.A. 
    • Refus que la zone de l'Etang ne devienne un centre de traitement par incinération du Sud de l'Europe. 

    sommaire

    Le fond de l'air effraie


    "Les preuves suggèrent l'existence d'une influence humaine perceptible sur le climat mondial"
     (Groupement Intergouvernemental d'Etude sur les Changements climatiques) 

       La région Fos/ Etang de Berre est à la fois un émetteur important et un récepteur de pollution atmosphérique. Cette pollution a trois origines principales : les industries, les transports (aéroport, autoroutes), les foyers domestiques ; mais également l'agriculture, les brûlages sauvages, le milieu naturel (étang...).
       Les principaux polluants de la région sont :
    SO2 (dioxyde de soufre), NOx (oxydes d'azote), HC (hydrocarbures), 03 (ozone, pollution photochimique), CO (monoxyde de carbone), CO2 (dioxyde de carbone), H2S (hydrogène sulfuré),ClH (acide chlorhydrique), P.S. (particules en suspension), divers métaux lourds, etc...
       La pollution n'est pas toujours révélée par des effets visuels (fumées) ou olfactifs (odeurs). Elle peut être invisible et inodore et de ce fait difficile à découvrir et à surveiller car cela nécessite des moyens scientifiques et techniques.
       Ses effets sont

  • immédiats sous forme de picotements, de gêne, de malaise, voire d'atteintes plus ou moins durables à la santé (enquêtes ERPURS, PANOXY)
  • latents avec conséquences à moyen terme et long terme : affections respiratoires et pulmonaires, cancers etc...

  •  

     
     
     
     
     

    Sont touchés:

  • les hommes et le milieu naturel (les animaux, les plantes), l'agriculture, les constructions (habitations, monuments...) qui sont proches de la source de pollution
  • l'ensemble de la planète (pluies acides, effet de serre, trou dans la couche d'ozone).

  •  

    L’action contre la pollution :

    Les organismes officiels : le SPPPI depuis 1971 (problèmes de pollution industrielle) et AIRFOBEP depuis 1972 (mesure de la pollution de l'air), la DRIRE.
    Les actions conduites ont surtout été dirigées vers le SO2 dont les émissions ont été diminuées.
    Des procédures d'alerte tiennent compte des prévisions météo.
    24 stations mesurent le SO2, 8 les NOx, 4 les HC, 2 les P.S., 1 les Fumées noires, 7 le 03 (pollution photochimique).
    Une station mobile (camion) couvre les trois réseaux de la région.

    Normes à respecter, Valeurs Guides et Valeurs Limites
    Les normes à respecter, adoptées par l'administration, sont élaborées par l'O.M.S., la CEE.. Elles tiennent compte des effets connus des polluants sur la santé, mais leur adoption se heurte à des intérêts économiques puissants.
    L'administration (DRIRE) fixe des quotas d'émission pour le SO2.
    Information du public
    Bulletins hebdomadaires dans la presse et sur Minitel: indice ATMO, alerte d'Ozone (Directive CEE).

    La Loi Lepage
    le projet prévoit l'extension des réseaux de mesure et des incitations limitées à réduire la pollution
    par des " plans régionaux", " des plans de déplacements urbains" et des " plans de protection de l'atmosphère".
     

    sommaire

    Atmosphère, atmosphère... ce que propose le MNLE

    Diminuer réellement la pollution.
    Multiplier les stations de mesure, équipées pour la majorité des polluants existants, notamment ceux mentionnés dans la Directive Européenne.
    Augmenter le nombre de laboratoires mobiles avec moyens accrus.
    Rechercher toutes les sources potentielles et améliorer pour chacune le contrôle à l'émission .
    Faire respecter les seuils les plus bas possibles, modifier ces seuils en baisse.
    Approfondir la connaissance des effets sur la santé, notamment dans les conditions locales.
    Tenir compte des particularités locales (météo, géographie) pour élaborer les normes à appliquer.

    Agir sur les causes
    Industrie : utilisation de combustibles BTS, brûleurs à faible production de NOx, suppression des évaporations, techniques de production appropriées.
    Transports : mesures d'ensemble en vue de favoriser les véhicules non polluants, ainsi que les transports en commun : rail, voies d'eau, véhicules électriques, à gaz, à biocarburants. Favoriser au maximum la circulation des vélos, notamment en ville.
    Foyers domestiques : mettre à la disposition du public des moyens de chauffage non polluants à des prix abordables.
    Projets économiques et d' urbanisme : tenir compte des impacts sur la qualité de l'air des extension d' aéroport (prolongation de la piste de Marignane et augmentation du trafic), suppression d'espaces verts (plateau de l'Arbois...), formations de pièges à pollution lors de nouvelles constructions, sources nouvelles, etc...

    A l'échelle planétaire :
    Se placer dans les perspectives définies à Rio et Montréal pour la diminution de l'effet de serre (CO2) et la protection de la couche d'ozone.
    Economiser l'énergie et développer les énergies renouvelables.

    Participation du public et transparence de l'information.
    Communication en temps réel des données de l'auto surveillance.
    Interrogation du public.
    Participation des associations et des syndicats aux instances de contrôle et de décision.
     

    Inclure dans la loi sur l'air des dispositions permettant de réduire à sa plus simple expression la pollution de l'air en donnant des moyens pour réduire effectivement les sources.


    debut
    Retour