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sommaire
Un peu d'histoire...
géologique
régression, transgression,
altération,
érosion, sédimentation...
une carte
géologique
de 1839
L’étang se situe dans une dépression
creusée
dans des terrains détritiques en bordure du synclinal d'Aix en
Provence,
entre le crétacé des collines de la Fare au nord et celui
de la chaîne de la Nerthe au sud. C'est une cuvette communiquant
avec le golfe de Fos par le chenal de Caronte.
La passe de Caronte est une ancienne vallée au
tracé
sinueux, inscrite dans des argiles et des marnes tendres. Elle a
été
évidée progressivement lors de la régression
marine
du dernier cycle glaciaire au quaternaire par l'érosion de
petits
fleuves côtiers. Cette ancienne vallée a ensuite
été
remblayée, puis submergée après le retour des eaux
marines vers 6000 avant J.C., qui envahissent alors l'Etang de Berre.
La
passe de Caronte est le point de rencontre entre les eaux limoneuses de
l'Etang et les eaux marines, point où se forment un "bouchon"
vaseux
par floculation et des dépôts sédimentaires.
C'était
un secteur marécageux, fangeux, parsemé d'îles
(sèdes)
et de bras. Le colmatage progressif de la passe de Caronte a pu
induire,
par périodes, un fonctionnement autonome de l'Etang. Les
aménagements
humains au fil des siècles ont soit renforcé cette
évolution
naturelle, par poldérisation et remblaiements, soit
cherché
à la contrarier par creusement de canaux.
Sans le creusement du canal maritime,
l'étang
de Caronte serait aujourd'hui une lagune en voie de colmatage et
l'étang
de Berre une vasière.
sommaire
Un peu d'histoire... de la
préhistoire
aux temps modernes
L’occupation humaine apparaît entre le 10ème
et le 8ème millénaire avant notre ère.
Dès la fin du Paléolithique (10.000 avant J.C.) les abris
du vallon de Sulauze sur la commune d'Istres sont occupés par
des
chasseurs d'antilopes et de petits équidés. A partir de
8000
avant J.C., à la fin des temps glaciaires, le
réchauffement
du climat favorise le développement de l'occupation humaine; de
petits groupes de chasseurs-cueilleurs vivant aussi de la pêche
et
de la collecte des coquillages fréquentent alors des abris
naturels
tels Font des Pigeons à Châteauneuf les Martigues entre le
8ème et la fin du 6ème. La steppe froide du Würm est
progressivement remplacée par un paysage dominée par la
chênaie
caducifoliée.
Le 5ème millénaire avant J.C. voit se
développer
l'agriculture, l'élevage et la sédentarisation. Sur le
site
préhistorique de Châteauneuf-les-Martigues on voit
apparaître
pour la première fois dans le Sud de la France la technique de
la
céramique modelée.
Au cours des trois millénaires suivants, le
peuplement
très progressif des rives de l'Etang aboutit à la mise en
place d'une véritable paysannerie regroupée en petits
villages
de plein air (au plateau de Miouvin à Istres, au hameau du
Collet
du Redon à la Couronne, entre autre). L'éperon
fortifié
de Laure (-1800 ans) et son rempart est le plus ancien oppidum du Midi
de la France (gisement de céramiques évoquant des
influences
italiennes). Déforestation et agriculture fixée modifient
peu à peu la couverture végétale pendant
l'âge
du Bronze, favorisant l'extension des chênes verts et des
garrigues.
Durant le premier Age du Fer et surtout au VIe et Ve
siècles
avant J.C., ce secteur connaît une concentration humaine tout
à
fait exceptionnelle. Ainsi sur le territoire actuel de Martigues quatre
sites gaulois importants illustrent cet habitat "proto-urbain":
Tamaris,
l'Arquet, Saint-Pierre, L'Ile. L'oppidum de Saint-Blaise date de la
même
époque; notons que la colonie phocéenne de Marseille fut
créée en 600 avant J.C.
L’occupation romaine va modifier le paysage de la
région,
par l'implantation de tout un réseau de "villae" à la
base
d'une économie céréalière, viticole et
oléicole,
notamment dans les plaines alluviales de l'Arc et de la
Durançole.
On connaît également, datant de cette époque des
établissements
agricoles à Saint-Julien par exemple, qui ont fortement
marqué
les paysages du littoral ainsi que les carrières de la Couronne
utilisées pour les chantiers de la période
hellénistique
de Marseille .
Au cours de l'époque médiévale et
moderne les mutations agricoles vont avoir de profonds impacts sur le
milieu
et les paysages du nord de l'étang.
-
la Durançole notamment sera utilisée pour
l'énergie
motrice et l'irrigation.
-
des remblaiements et le drainage en vue de
récupérer
des terres vont faire disparaître de nombreuses zones humides.
-
des terrasses seront construites sur les versants
périphériques
de la plaine littorale du Nord de l'étang lors de la
montée
démographique (XVIIIème siècle).
sommaire
Aménagements des rives
Au XIXème siècle
naît
l'idée de faire de l'étang un espace économique
complémentaire
à la Cité Phocéenne.
-
1850 création de la voie ferrée
Paris-Lyon-Marseille
(PLM).
-
1863 à 1925 creusement progressif du Canal de Caronte
à
3, 6, 9m. Disparition des salines situées à l'ouest de
l'Etang
de Caronte.
Le canal de Caronte .
La mer (Port-de-Bouc) est à droite de la photo, Martigues
apparaît
sur la gauche. Le viaduc du chemin de fer est en construction.
-
suppression progressive des bourdigues (constructions de claies de
roseaux
établies pour capturer les poissons dans le chenal de Caronte).
-
réalisation de nouveaux ponts métalliques : ponts
tournants
de Ferrières en 1859, de Jonquières en 1929.
-
à la veille de la première guerre mondiale, ouverture de
la voie ferrée Marseille-Miramas, le long de la côte
Bleue,
qui double la voie du PLM par l'ouest de l'Etang.
-
1920 création de la base aéronavale de Berre ;
création
de l'aéroport de Marignane.
-
1925 mise en service du Canal du Rove qui relie l'Etang à la
rade
de Marseille.
< Le
canal du
Rove aujourd'hui.
Terminé en 1925, il permettait de transporter des marchandises
par voie d'eau du Rhône jusqu'au coeur du port de Marseille en
passant
par le golfe de Fos et l'étang de Berre. Après un
effondrement
survenu en 1963 dans la partie en tunnel il est maintenant
abandonné.
-
Prolongeant le Canal d'Arles à Port-de-Bouc creusé entre
1802 et 1836, le Canal de Marseille au Rhône,
protégé
par une digue allant de la Mède à Martigues, est ouvert
en
1927.
Le
site
est prêt pour les grandes implantations industrielles du
XXème
siècle. Toute cette histoire ininterrompue de creusement, de
remblaiements,
de constructions nouvelles, de voies de circulation, vont modifier
profondément
les paysages notamment au sud de l'étang.
sommaire
Implantations industrielles
La région de l'étang de Berre, comme le Midi
méditerranéen n'a pas connu la révolution
industrielle
du XIXème siècle. Les seules activités
industrielles
étaient celle de la Poudrerie Royale de Saint Chamas
(fermée
en 1974) et celles liées au sel. Le développement
industriel
s'est accéléré entre les deux dernières
guerres.
-
Premières installations industrielles à Port-de-Bouc vers
1900, chantier naval "Ateliers et Chantiers de Provence" et vers 1922
l'usine
Kuhlmann de produits chimiques.
-
Dans les années 20, implantation d'un établissement de
traitement
des oléagineux (huiles et graisses végétales,
savons)
à Croix-Sainte, Martigues.
La défaite de l'Allemagne en 1918 qui donna
à
la France la main mise sur l'exploitation du pétrole irakien
entraîna
l'importation de pétrole brut sur le site de l'étang de
Berre.
-
en 1922, la Société générale des huiles de
pétrole (future B.P.) installe des dépôts à
Lavéra. Le quai accessible aux pétroliers fut construit
en
1926.
La loi de 1928 donna obligation
de
raffiner sur le Territoire National, ce qui entraîna en 1931 la
mise
en fonctionnement de la raffinerie de Berre et en 1934 de celle de La
Mède.
sommaire
Pétrole,
Pétrochimie...
une richesse, mais aussi le "goût de mazout"
Après 1945 les choix de politique
énergétique
fondés sur le recours massif aux hydrocarbures importés
à
bas prix du Moyen-Orient vont relancer le développement d'une
puissante
industrie du raffinage.
-
en 1950 le Port Autonome de Marseille aménage le port
pétrolier
de Lavéra accessible aux pétroliers de 70.000 tonnes en
vue
de la création d'activités pétrochimiques. En
1952,
démarrage des activités pétrochimiques de
Naphtachimie
et Shellchimie, en 1962 ouverture de la raffinerie Esso Fos.
-
en 1962 construction d'un grand réseau d'oléoducs
européens
(Pipe Line Sud Européen).
-
en 1967 le PAM entreprend de creuser un nouveau port pétrolier
en
eau profonde, à Fos, accessible à des pétroliers
géants.
Cette mise en œuvre d'une
politique
économique de grands travaux a profondément
modifié
les paysages du pourtour de l'étang et, en l'absence de
préventions,
dégradé les conditions environnementales, notamment
celles
du milieu aquatique : en 1957 une loi est votée qui interdit la
pêche dans les eaux de l'étang. L'étang est
condamné,
les pêcheurs sont indemnisés.
sommaire
La chaîne hydraulique
la Durance
En 1955 une loi déclare
d'utilité
publique la dérivation de la Durance entre le confluent du
Verdon
et l'étang de Berre.
-
En 1966 la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas est mise en
service.
C'est la dernière centrale EDF
aménagée
sur le canal usinier de la Durance qui dérive, depuis la chute
de
Mallemort, l'essentiel des eaux du fleuve vers l'étang de Berre
par le pertuis de Lamanon et la région de Salon. Ces eaux
retrouvent
donc en partie un ancien cours de la Durance directement vers la mer
qu'elle
avait quitté lorsque le fleuve a construit les grands
cônes
de déjection de la Crau.
Au départ il y eut deux projets de
débouché
du canal :
-
l'un sur le Rhône.
-
l'autre sur l'Etang de Berre.
C'est
ce dernier, plus court, qui fut choisi en raison de son moindre
coût.
|
Cet équipement
hydraulique
a une double vocation
-
répondre aux besoins
énergétiques de
l'industrie et de la population. Depuis Serre-Ponçon
jusqu'à
Saint-Chamas, la chaîne hydroélectrique de la Durance
permet
avec ses 18 centrales de fournir, avec souplesse, 2000 mégawatts
en énergie électrique c'est à dire
l'équivalent
de deux tranches nucléaires.
-
gérer les besoins en eau pour les
activités
industrielles, agricoles et domestiques.
|
|
Le
déversement de façon totalement erratique de plusieurs
milliards
de mètres cubes par an d'eaux douces limoneuses, soit environ
quatre
fois la capacité de l'étang , a donné le coup de
grâce
à un écosystème déjà
profondément
perturbé.
Depuis, 70% des fonds de
l'étang
sont devenus impropres à la vie.
sommaire
Poursuite de
l'industrialisation...
l'urbanisation
1970 est une date clé
pour
la région de l'étang de Berre:
c'est l'application de l'orientation
décidée
par le gouvernement de faire, dans le cadre des grands travaux, de la
Zone
Etang de Berre/Fos une zone stratégique.
Dans ce cadre il y a
-
extension du Port de Marseille-Lavéra vers Fos
-
création de la zone industrielle de Fos qui devait permettre de
créer 60 à 80.000 emplois industriels. Dans cette zone
industrielle
s'implantent: la Solmer, Ugine Acier mais aussi Atochem Port Saint
Louis
du Rhône, Terminal Gaz de France, Air Liquide, SPF, Atochem Fos
sur
Mer.
-
développement d'industries aéronautiques: usines
d'hélicoptères
de l'Aérospatiale à Marignane avions M. Dassault et
Centre
d'essais en vol à Istres
-
développement de la zone industrielle et commerciale de Vitrolles
-
à la même époque en 1975, allongement et extension
des pistes de l'aéroport de Marignane qui gagne sur
l'étang
et accroît l'isolement de l'étang de Vaïne.
Le
plan
prévoyait de tripler la population de la Zone Etang de Berre/Fos
dans la période 70/85.
Des villes nouvelles ont vu le
jour à Vitrolles, Istres, Miramas et Fos.
L'urbanisation s'est étalée en taches
d'huile
partout: quartiers nouveaux, grands ensembles dans les années
60,
lotissements pavillonnaires aujourd'hui plus ou moins bien
intégrés
aux vieux noyaux villageois.
Le bassin versant de l'étang compte actuellement
plus de 450.000 habitants dont plus de 220.000 habitants sur le
périmètre
immédiat.
sommaire
Réactions,
Manifestations
Au début des années 70, devant la
dégradation
de l'environnement dans la région de l'Etang de Berre et du
Golfe
de Fos, ont lieu les premières réactions et
manifestations
importantes des populations, d'autant que le gouvernement veut
prononcer
une déclaration d'insalubrité du Golfe de Fos, pour le
livrer
aux rejets de la sidérurgie comme il a livré l'Etang de
Berre
aux pétroliers.
Mais cette fois c'est l'explosion.
-
en décembre 73, les pêcheurs barrent les ports.
-
des associations de défense de l'environnement se créent
-
des syndicats appréhendent ces questions d'environnement parmi
lesquels
la CGT chimie (qui a ensuite adhéré au MNLE).
|
Dans ce contexte, pour appliquer les objectifs des Pétroliers et
les choix gouvernementaux sur la Zone Etang de Berre/Fos, une
réflexion
industriels/Pouvoirs Publics débouche sur la création du
S.P.P.P.I. (Syndicat Permanent pour les Problèmes de Pollution
Industrielle)
en 1971. |
|
Il s'agit d'un organisme public placé sous
l'autorité
du préfet et composé essentiellement d'élus,
d'experts
scientifiques, d'industriels et de membres de l'administration.
Une des premières décisions a
été
la création, en 1972, d'AIRFOBEP, association pour la gestion
d'un
réseau de surveillance et d'alerte sur la pollution
atmosphérique.
|
Les
industriels
développent une politique d'intégration intense
auprès
des mairies, auprès d'élus locaux et ont la main mise sur
les structures mises en place.
C'est le début,
cependant,
d'une politique régionale d'environnement, une première
dans
le pays. |
|
La création du SPPPI a effectivement abouti à la
réduction
des grands flux de polluants (matières organiques,
hydrocarbures....)
passant à 50% en 1975, 90% en 78, et 98% actuellement. Pour tous
les établissements les normes de rejets sont devenues plus
sévères.
Toutes les communes sont équipées aujourd'hui de stations
d'épuration.
C'est un mieux, mais ce n'est
pas suffisant.
Avec la mise en œuvre d'un plan efficace de dépollution des
rejets
industriels et urbains, petit à petit émergèrent
l'idée
et l'espoir de redonner vie à l'étang. Il fallut
déchanter!
Très vite l'usine EDF de Saint Chamas est mise en accusation.
Les accidents écologiques se multiplient, suivis de
réactions,
prises
de position etc.
sommaire
Réhabilitation de
l'Etang...
L'Arlésienne ?
Quelques dates :
-
1980 mise en service du bassin de décantation des
limons
de Cadarache sur le canal d'EDF
-
1985 le MNLE réitère sa demande d'un plan
d'ensemble
pour sauver l'étang de Berre
-
1986 proposition d'une étude intégrée
sur l'étang
par IFREMER
-
1988 mise en place de groupes de travail sur l'étang
par
le sous-préfet d'Istres
-
1989 création du Syndicat Intercommunal pour la
sauvegarde
de l'Etang de Berre (10 communes riveraines)
-
1990 mission d'étude confiée au Comité
de Bassin
sur l 'Etang de Berre par M. Brice Lalonde, Ministre de
l'Environnement.
Proposition de loi pour le rétablissement du droit de
pêche
dans l'Etang de Berre présentée par le
Député-Maire
de Martigues. Projet de TGV Sud Est Méditerranée et de
gare
à l'Arbois
-
1991 référendum d'initiative locale. Annonce
d'un
plan de réhabilitation de l'Etang par le Ministre Brice Lalonde
-
1992 Ségolène Royal, ministre de
l'environnement annonce
des mesures pour l’étang
-
1993 Michel Barnier annonce son Plan. Le Préfet
Mège
est détaché pour une mission sur l'Etang
-
1994 abrogation de la loi de 1957 interdisant la pêche
sur
l'étang
-
1995
-
visite d'Edouard Balladur premier ministre en campagne électorale
-
la création du bassin de décantation à
Beaumont
de Pertuis pour réduire les limons est
définitivement
abandonnée
-
ordre à EDF de réduire ses apports d'eaux douces d'une
moyenne
de 35% sur l'année.
Le plan de reconquête annoncé par
le Ministre de l'Environnement le 2 septembre 1993 doit s'étaler
sur 10 ans. Il consiste en :
-
une diminution des apports annuels d'eau
douce
du canal usinier
-
une limitation des apports de
matières
en suspension à l'étang
-
une poursuite de l'effort de
réduction
des pollutions urbaines et industrielles autour de l'étang et
sur
son bassin versant
-
une réduction de la pollution
atmosphérique
-
l'établissement d'un programme
pluriannuel
de suivi écologique de l'étang.
sommaire
L'Etang... Carte d'
identité
L’étang a une surface de 15.000 hectares et un
volume
évalué à 980 millions de m3. Sa
profondeur
moyenne est inférieure à 6m (10 au Sud, de 3 à 6
au
Nord). Son contour, découpé, représente
près
de 80 km de côtes, autant que le littoral entre Marseille et
Toulon
!
L'étang est constitué par un plan d'eau
principal et trois annexes :
-
à l'Est, l'étang de Vaïne isolé du plan d'eau
principal par un haut fond
-
au Sud, le canal de Marseille au Rhône et l'étang de
Bolmon
séparé par le cordon littoral du Jaï et qui
constitue
un milieu très confiné.
Il est alimenté en eau de mer au Sud par le chenal
de Caronte dragué à -9m.
L’étang reçoit les eaux de plusieurs cours d'eaux
à
régime méditerranéen marqué :
-
la Touloubre
-
la Cadière
-
l'Arc.
dont les eaux sont dégradées par des rejets industriels
agricoles
et domestiques
Depuis 1966 il reçoit également la plus
grande partie des eaux de la Durance par le canal usinier d'EDF.
|
Ceci
représente
un vaste bassin versant de 1630km2, avec urbanisation et
industrialisation
intenses et une gestion de l'espace et des pollutions quasiment nulle,
d'où un état écologique des milieux et des risques
d'inondation très préoccupants. |
|
|
La réhabilitation
des rivières
nécessite
-
la maîtrise de l'assainissement des
principales agglomérations
du bassin versant, Aix en Provence pour l'ARC, Salon pour la Touloubre,
Vitrolles et Les Pennes-Mirabeau pour la Cadière
-
la maîtrise des rejets industriels et
agricoles
-
l'élimination des pollutions diffuses
(la plaine de
Berre étant zone sensible).
|
|
Si les côtes Est et Sud sont fortement
industrialisées
et urbanisées, les littoraux Ouest et Nord ont conservé
en
de nombreux endroits un "aspect naturel": pinèdes, garrigues. Le
bord de l'étang n'est pas toujours facilement accessible:
à
Istres les dénivellations sont de l'ordre de 50m, à Saint
Mitre les Remparts le Mont Calaraou culmine à 126 m.
Le littoral Nord-Est a une vocation agricole: oliviers,
vignes, cultures maraîchères. Sur la plaine de Berre
là
où le parler local ne signalait autrefois que des cailloux, les
gravons, la production maraîchère et les surfaces de
serres
couvrent aujourd'hui près de 250 ha.
Une partie du littoral de
l'Etang
de Berre est classée en zone de protection de la nature. De
vastes
espaces sauvages sont ainsi protégés en bordure de
l'étang.
Il s'agit :
-
du secteur de Figuerolles et du Mont Calaraou.
-
du fond de la baie de St Chamas ainsi que l'ancienne poudrerie.
-
de la "petite Camargue" à St Chamas
-
de la façade Ouest de la commune de Berre l'Etang
Jouxtant le pourtour de l'étang à l'est
s'étend
le vaste plateau boisé de l'Arbois, dont l'unité et le
fonctionnement
écologique sont fortement compromis par les prochaines
réalisations
d'urbanisation et d'aménagement (gare TGV, liaisons
routières,
technopole).
|
L'examen du
plan d'occupation des sols fait apparaître que 51% de la bordure
littorale sont classés en zone de protection de la nature (ND)
et
21% en zone urbanisée. Soyons attentifs à ce qu'il n'y
ait
pas de changement majeur de vocation de zone, notamment pour celles
classées
NC (agricoles), que les zones classées NA ne fassent pas l'objet
d'une urbanisation outrancière.
Faisons respecter la Loi
Littoral
! |
|
sommaire
Etang marin? Etang
saumâtre?
Témoignages
|
"Les
modifications topographiques
capables d'influencer les conditions de milieu dans l'étang de
Berre
ont été diverses, naturelles ou artificielles, directes
ou
indirectes, si bien qu'elles ne se sont pas produites selon un sens
irréversible.
L'homme et la nature ont été quelques fois des
alliés,
souvent des antagonistes. L'étang, abandonné à
lui-même
évoluerait vers un comblement inéluctable, qui
s'était
produit déjà dans la région de Caronte. D'autre
part
les eaux du Golfe de Fos ont dû subir des changements de
régime
en fonction du tracé de l'embouchure principale du Rhône
plus
ou moins rapprochée de ce golfe, tantôt s'y
déversant
directement, tantôt s'en écartant."
P. Mars, 1961 Thèse de Doctorat. |
|
"Les eaux douces qui se déversent dans ce bassin par les
ruisseaux,
les rivières, les canaux et par les sources sous-marines
appelées
lourouns dans le pays, en diminuant considérablement la salure,
qui, dans les points les mieux favorisés , près de
Martigues,
ne dépasse jamais de beaucoup la moitié du degré
des
eaux de la haute mer. D'ailleurs, cette salure s'affaiblit tellement
dans
certaines régions, vers Saint-Chamas et Bolmon par exemple, que
l'eau y devient presque potable."
Marion, 1886 directeur de la Station Zoologique d'Endoume.
Cette faible salure, mais à un
moindre
degré se retrouve vers Berre, selon Chevallier, professeur
à
la faculté de Nancy (1916)
"ils (les salins) sont installés à l'ouest de la
ville,
à la fois sur les bords de l'étang de Vaïne et du
grand
étang; ils doivent leur importance à leur situation
privilégiée
au milieu de la crau de l'Arc où ils ont pu se développer
tout à leur aise; la faible salure de l'eau qui les alimente est
largement compensée par une exposition parfaite au soleil et au
mistral."
Gourret en 1907, élève de
Marion
et sous-directeur de la Station Zoologique d'Endoume ajoute que
malgré
une augmentation du débit des canaux dans la région de
Saint-Chamas
"la salure qui ne dépasse guère 1,8° B a
augmenté
depuis le creusement du canal maritime, d'après les vieux
pêcheurs.
Ceux-ci se plaignent parce que, disent-ils, l'augmentation de salure en
faisant disparaître les Potamogeton et en favorisant les Zostera
et les Ruppia a créé des conditions défavorables
à
Saint-Chamas où la pêche est rendue impossible.
Chevallier,en 1916 montre que la
salinité
moyenne estivale au centre de l'étang était de 24‰.
Il ajoute :
" lorsque l'ouverture du canal de Marseille au Rhône sera
un fait accompli, la densité des eaux dans la partie
méridionale
de l'étang augmentera certainement d'une façon sensible."
Et de fait, Paul Mars dans les mêmes conditions observe une
salinité
de 31-33‰ en 1961.
L'élargissement de Caronte et le percement du tunnel du
Rove
avaient donc fait progressivement augmenter la salinité de
l'étang
et réduire les fluctuations spatiales et saisonnières.
|
Cette relative stabilité fut
bouleversée
par la dérivation de la Durance dans l'étang qui provoqua
une alternance saisonnière marquée de la salinité,
de 4 à 10 ‰ en hiver et 10 à 23 ‰ et plus en
été
, faisant de l'étang un estuaire à coin salé avec
la présence d'une forte halocline en hiver et une lagune
saumâtre
en été.
L’étang qui en moyenne présentait une perte de 1cm par
an de sa profondeur avant 1966, a vu augmenter de manière
conséquente
son envasement avec les apports de limons de la Durance qui ont
également
désertifié les fonds du site. |
|
sommaire
L' Etang change
|
Dans tout étang littoral
l'organisation écologique
dépend étroitement du fonctionnement hydrique
(échanges
avec la mer et apports du bassin versant) et de ses fluctuations, elles
mêmes liées aux évolutions climatiques.
Les espèces présentes sont en général
tolérantes
aux variations de température, de salinité ou de teneur
en
oxygène des eaux. Il existe une diversité de peuplements
qui témoigne d'une réelle
hétérogénéité
physique du milieu. Une véritable zonation biologique
s'établit
en fonction de l'éloignement du domaine marin. |
|
Situation en début du siècle.
En 1916 d'après Chevallier la
végétation
littorale est abondante la zone est occupée par des ulves, des
corallines,
et surtout une grande Cystoseire . Les Zostères
s'étendent
en véritables prairies jusqu'à 6-7m de profondeur. Dans
les
eaux plus douces des environs de Saint-Chamas et de Merveille les
zostères
sont remplacés par des Ruppia ; en quelques points même
les
Potamots et les Chara peuvent croître. Au dessous de la zone
littorale
à partir de 6-7m se développent des algues rouges.
Cette végétation offre un asile souvent
impénétrable aux poissons. Elle abrite et nourrit des
milliers
d'invertébrés qui constituent la pâture habituelle
des animaux comestibles.
Les zostères donnent lieu à une industrie
très prospère sur une grande partie de l'étang :
le
varech. Il est surtout employé à l'emballage et à
la literie ; celui de qualité inférieure est
employé
comme engrais. Dans ces prairies de Zostères se rencontre en
abondance
une petite espèce de moule, appelée musclé fer
(Moule
sauvage) par les pêcheurs.
Sur les fonds vaseux qui succèdent aux herbiers
au centre de l'étang se développe en bancs épais
une
autre moule la Mytilus galloprovincialis. Ces bancs, exploités
depuis
des siècles, se maintiennent malgré une pêche
intensive.
En 1912 un peu plus de 300 pêcheurs, montés
sur des embarcations à fond plat ou bettes, exploitaient
l'étang
de Berre. Ce sont les espèces migratrices qui forment le plus
gros
appoint de poissons récoltés: muges, loups, daurades,
rougets,
sardines, anchois, anguilles. En hiver lorsque l'étang se
congèle,
on procède à la récolte des poissons engourdis ou
tués emprisonnés par la glace ; ces pêches dites
martégades
sont parfois extraordinairement fructueuses.
Situation en 1961.
Tous les herbiers sont en régression depuis
l'époque
de Gourret et de Chevallier. Ils ne sont bien développés
que dans la zone Nord du grand étang; ils se retrouvent le plus
souvent sous forme discontinue, de taches. Dans l'étang de
Vaïne
où la végétation était
particulièrement
dense, les herbiers, dans les parties les moins profondes ont
été
détruits par les froids exceptionnels de l'hiver 55-56. Dans
l'étang
de Bolmon les herbiers formés de Ruppia recouvrent toute la
surface.
Les bancs de moules se retrouvent surtout dans le Nord
de l'étang sous l'influence des apports des canaux et
rivières
(mais en grande partie dans une zone classée insalubre).
Dans le parage de l'Arc se sont établis des bancs
mixtes de moules et d' huîtres; ces dernières grâce
à une salinité plus élevée et plus stable
ont
pu se développer.
Quant aux poissons:
" De 1949 à 1956, tandis que le nombre d'entrées de
navires dans l'étang est passé de 1019 à 1866, le
nombre de tonnes de poissons pêchés est passé de
708
environ à 376 environ." Morel, 1959.
Situation actuelle
Jusqu'à 3 à 4 m de profondeur les fonds sont
occupés par une flore benthique constituée d'algues
tolérantes
(Ulves en particulier) et de Phanérogames euryhalines (Zostera
et
Ruppia). Les zones plus profondes sont désertées à
la fois par les effets combinés des apports de limons et de la
désoxygénation
des eaux qui prévaut environ 8 mois par an.
Par contre la couche de mélange d'eau
dessalée
est toujours très productive, avec des communautés
d'espèces
d'eau douce ou peu salée. De fortes poussées algales
peuvent
survenir du fait de la richesse de ces eaux en éléments
nutritifs
(flux Durancien, apports des rivières, effluents urbains,
lessivage
des sols ..) et en conjonction avec des conditions climatologiques
particulières,
(temps calme, ensoleillé, persistance de température
élevée)
induire des crises de dystrophie : eaux colorées, mousses,
désoxygénation,
mortalités de poissons.
En 95 le nombre de navires enregistrés au Quartier
Maritime n'étaient plus que 42 contre 61 en 94 soit 39 patrons
embarqués.
Le tonnage d'espèces pêchées se
répartit
comme suit :
-
anguille, 13 T
-
bar, 26 T
-
mulet, 46 T.
Cette réduction drastique de la flottille est
également
la conséquence d'une politique de la Commission
Européenne
de restructuration du secteur de la pêche.
Deux ans après le plan de reconquête,
qu'en
est-il ?
Pour EDF l'objectif de réduction des
apports
d'eau douce de 15% du volume entrant dans l'étang,
augmenté
à 35% en avril 95, a été atteint.
Les apports d'eau douce ont atteint 2.537 millions de
m3.
Les apports de limons sont restés très en
deçà du seuil imposé soit 75.702 tonnes contre
200.000
tonnes.
Pour la Mission scientifique qui fait le suivi
écologique de l'étang les analyses montrent:
-
une grande variation de la salinité au cours des saisons,
-
une forte variation verticale de la salinité avec une halocline
marquée en période de forts rejets
-
une remontée très rapide de la salinité en
été
lors des phases de faibles rejets
-
une tendance à une salinité globale
légèrement
plus élevée à l'échelle de l'année...
Les résultats ne sont pas
ambigus : le projet retenu de réduction des apports à 15
et même 35% n'est pas en mesure d'atténuer de façon
efficace la stratification verticale du milieu ni de réduire les
fortes variations du milieu.
|
Le MNLE a toujours soutenu que seule une
déviation
des eaux et des limons vers le Rhône en aval de Saint-Chamas peut
permettre le retour à un étang vivant,
prospère.
Il faut s'en donner les moyens.
|
|
sommaire
Les Zones Humides...
patrimoine naturel
menacé
Le long du littoral de l'étang la zone
marécageuse
est assez étroite mais présente des extensions au niveau
des deltas des rivières. Les Paluns, la "Petite Camargue", le
Bolmon
sont des milieux semblables à la Camargue, avec une
végétation
halophile et un paysage de sansouires (Tamaris, salicornes).
L’avifaune est extrêmement diversifiée et
nombreuse (plus de 150 espèces de nicheurs, migrateurs ou
hivernants).
On observe la nidification d'espèces rares: Foulque,
Grèbe
à cou noir, Butor étoilé, Aigrette, Héron,
Busard des roseaux, Flamant rose etc...
Les terrains donnés par Total au Conservatoire
du Littoral, avec l'étang de Bolmon, le lido du Jaï et les
marais des Paluns forment un ensemble naturel exceptionnel de
près
de mille hectares.
Le site est occupé de façon régulière
par des avocettes et des colonies de Chevaliers gambette. On y entend
le
Butor étoilé. Les canards, qui se comptent à
certaines
époques par milliers, font bon ménage avec les flamants
roses.
On oublierait que le site se trouve situé entre
l'aéroport
de Marignane et la Raffinerie de Provence, à deux pas d'un
centre
d'essai militaire d'hélicoptères, d'une base
d'aéromodélisme
et d'un terrain de ball-trap.
|
Les sites des rives de l'Etang de Berre ont
été
retenus dans la liste des zones humides d'importance majeure.
Six zones figurent dans l'inventaire ZNIEFF.
Les salins de Berre sont classés parmi les sites ZICO
Un point primordial pour réhabiliter les zones humides du Bolmon
est de dépolluer les eaux de la Cadière qui s' y jettent,
d'abandonner tout projet d'urbanisation.
Nécessité d'une véritable gestion
de ces
sites.
|
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sommaire
Des paysages à
préserver
|
"Le paysage c'est un héritage, c'est un
patrimoine. Celui
d'une commune, d'un canton, d'une province...Et ce patrimoine est un
monument
vénérable au même titre qu'une cathédrale ou
un palais. Il mérite les mêmes soins et la même
attention
parce qu'il est aussi précieux et aussi fragile, sinon plus...
puisqu'il
repose sur des équilibres qui ont été durement
conquis
et améliorés".
Georges Duby.
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|
Autour de l'étang de Berre, on trouve tous les
sites
capables d'illustrer les lieux communs de la Provence visitée :
criques rocheuses, petits ports de pêche, plages, villages
perchés
pittoresques.
Pourtant, ces lieux sont vides de touristes, les ports
de plaisance sont à usage local, le spectacle des lagunes, des
anses
rocheuses et des terroirs réservés à des passants
qui viennent y faire autre chose que regarder.
Mais aussi des paysages insolites, énigmatiques....
Les territoire ludiques ont souvent un air d'abandon.
C’est parfois le règne du vide immense, un alignement de
cuves
et aires de stockage , un désert battu par les vents, à
peine
hanté d'une étrange faune mécanique qui
inquiète
par sa démesure.
Etrange paysage.
sommaire
Un patrimoine mal connu
à
préserver... La couche géologique "d'eggs en Provence"
Bien peu de gens savent que les couches géologiques
de la région de Vitrolles et Rognac sont comme les pages d'un
livre
ancien : elles contiennent des messages (fossiles, sédiments,
minéraux,
roches) qui nous permettent de reconstituer patiemment l'histoire
ancienne
et mouvementée de la terre et de la vie.
Vers 1869, à Rognac, P. Matheron "le père
de la géologie provençale" découvrit les ossements
de deux reptiles dinosauriens, le Rhabdodon priscus (sorte d'iguanodon)
et Hypselosaurus (sorte de Diplodocus). Plus tard, il fit une
découverte
énigmatique: des segments de sphère. Etait ce des
vestiges
d'oeufs d'un oiseau gigantesque ou les restes d'oeufs de Dinosauriens ?
Pour avoir la réponse il fallut attendre 1924,
l'expédition
de Chapman dans le désert de Gobi. Des oeufs semblables furent
observés
parmi de nombreux ossements de Dinosauriens.
Depuis, de nombreux gisements d'oeufs de Dinosaures ont
été découverts dans la région, dans la
couche
géologique devenue célèbre: la couche "d'eggs
en
Provence"! comme le disent avec humour les anglo-saxons. Cette
couche
de grès et de calcaire lacustre de Rognac appelée "Rognacien"
date de 70 millions d'années.
En 1947 , deux nouveaux Dinosaures herbivores furent
décrits
: un Hadrosaure ou dinosaure à bec de canard et un Ankylosaure
ou
dinosaure cuirassé. Plus récemment on découvrit
après
de longues et minutieuses recherches deux nouvelles espèces de
dinosaures
carnivores : un grand prédateur Abelisauridé et un petit
prédateur Dromaesauridé.
D’autre part la faune associée aux dinosaures fut
enfin décrite : ptérodactyles, Crocodiliens, tortues,
autruches,
serpents, amphibiens, poissons, insectes.
Avec ces récentes découvertes on a une
idée
assez précise des équilibres écologiques qui
régnaient
à cette époque dans ce coin de Provence.
|
Quel avenir pour les Dinosaures provençaux ?
Une petite ville de l'Aude, Esperaza, où les couches
géologiques
sont les mêmes que celles de Vitrolles a compris tout
l'intérêt
de ce patrimoine exceptionnel.
Elle a créé en 1992 le premier musée
européen
des dinosaures, ouvert des chantiers de fouilles animés par des
paléontologues réputés, réalisé des
reconstitutions grandeur nature, publié des ouvrages et des
cassettes
vidéo. Bilan 93 : 80.000 visiteurs venus de toute l'Europe, des
emplois créés pour des jeunes, un essor économique
pour cette commune rurale.
L'Education Nationale en a saisi l'importance pédagogique,
puisque
l'étude de cette couche géologique est inscrite au
programme
des classes terminales scientifiques.
Par contre à Vitrolles les Dinosaures semblent bien morts et
enterrés... par les décideurs qui n'ont pas compris
l'importance
scientifique, culturelle et économique de ce patrimoine. |
|
Une grande énigme pour la science, la disparition
des
Dinosaures et des trois-quarts de la faune au début du Montien
(Vitrollien)...
De très nombreuses hypothèses ont
été
formulées sur cette disparition, de 2 types : catastrophes ou
impasse
évolutive.
Des scientifiques américains pensent qu'un
météorite
géant aurait heurté la terre (événement
fort
probable à l'échelle cosmique) ; la poussière
dégagée
par le choc aurait diminué le rayonnement solaire. L'hiver
interminable
qui aurait suivi, aurait provoqué les bouleversements
constatés
dans la flore et la faune (les animaux de petite taille
résistant
mieux que les grands).
Affaire à suivre !
sommaire
Les salines...et les
"râteleurs
de cristaux"
Témoignage de Chevallier, 1916
Outre les salins "de Caronte qui puisent leur eau dans
l'étang de Caronte, trois salines occupant une superficie
d'environ
350 hectares, dépendent de l'étang de Berre. La Compagnie
des Salins du Midi en possède deux : les salins de Berre et ceux
de l'étang du Lion. Les salins de Berre d'une superficie de 300
hectares, sont les plus vastes de tous les établissements du
même
genre de la puissante société; ils existent depuis un
temps
immémorial."
"A cette époque les salins de Berre
récoltaient
en moyenne 25.000 tonnes de sel par an, mais avec de grandes variations
selon le climat. Ainsi en 1907 de grandes inondations ont
complètement
submergé les bassins, 50.000 tonnes de sel ont été
perdues. Ce n'est que 4 ans après que le rendement est redevenu
normal.
La Compagnie des salins a fait creuser un petit port
dans les salins de Berre et un chenal dans l'étang de Vaïne
pour permettre aux navires d'y accéder; le sel est chargé
sur des chalands qui sont remorqués jusqu'à Port-de-Bouc.
Une grande partie est expédiée par voiliers sur les bancs
de Terre-Neuve ou d'Islande pour la salaison des morues... Au retour,
les
navires rapportent de la morue qui est séchée à
Port-de-Bouc
ou à Martigues.
La superficie de salins du Lion installés sur
les bords de l'étang de Vaïne, près de Vitrolles est
de 30 hectares et les 5000 tonnes récoltées annuellement
sont transportées directement par charrettes aux fabriques de
produits
chimiques de l'Estaque et de Marseille."
Actuellement, l'arrivée de l'eau de la Durance
par
le canal EDF à Saint-Chamas a fait baisser la salinité de
l'étang en dessous de 10‰ la rendant impropre au saunage. Le
relais
a été pris en 1969 par les saumures venues de Manosque.
Le site de Berre, modeste pour sa production à côté
des grands sites de Camargue, est valorisé par sa
proximité
des usines chimiques grosses consommatrices d'une matière
première
qui ne peut supporter d'importants coûts de transport.
|
Les salins constituent des
zones humides
à forte composante artificielle, mais néanmoins de
très
grande valeur. Ils sont un patrimoine industriel et culturel à
préserver. |
|
sommaire
Le rêve effondré
! faut-il
rouvrir le tunnel du Rove ?
Le 10 Juin 1963, les marins du Storm, navire de 21m qui faisait la
navette
tous les jours entre Marseille et Martigues par l'étang avec
près
de 50 passagers à bord, assistaient catastrophés à
l'éboulement du tunnel du Rove.
Ce tunnel, long de plus de 7km, achevé en 1925, inauguré
en 27 par Gaston Doumergue, était un vrai chef-d’œuvre pour
l'époque.
En 1963 c'était une liaison maritime importante : une vingtaine
de bateaux passaient par là tous les jours.
|
Le Rêve
L’ idée de rejoindre directement Marseille au Rhône
en évitant la mer et en même temps d'utiliser
l'étang
de Berre date de bien longtemps.
Sous Louis XII, en 1507 un premier projet fut élaboré,
sous Louis XIV, Vauban visita l'étang de Berre et exprima le
regret
de le voir inutilisé.
Bonaparte visitant les côtes de Provence, parlait
d'établir
là les principaux établissements de défense de la
France en Méditerranée. C'est à cette visite que
l'on
attribue la construction du canal d'Arles à Bouc qui fut
commencé
sous le consulat, canal qui dès le début a
été
peu fréquenté car de largeur insuffisante.
Puis on construisit le canal Saint-Louis qui débouche dans le
Golfe de Fos, pour relier directement la mer avec le Rhône; il
fut
terminé en 1871.
En 1880 l'Etat fit établir à travers la vase de Caronte
le canal Maritime. Avec une profondeur de 6m la navigation put alors
exister
entre la mer et l'étang. C'est à cette époque que
la question de relier directement Marseille au Rhône fut reprise
avec une nouvelle énergie; une véritable campagne fut
organisée.
Plusieurs tracés furent proposés. Le projet
arrêté
en 1879 est autorisé enfin par la loi du 24 décembre
1906.
Les travaux de creusement du tunnel, durs et pénibles, seront
réalisés de 1911 à 1925. |
|
L’impact de l'ouverture du tunnel sur l'étang.
En 1916 Chevallier prévoyait :
"lorsque l'ouverture du canal de Marseille sera un fait accompli,
la densité des eaux dans la partie méridionale de
l'étang
augmentera certainement de façon sensible. L'eau de Bolmon, qui
pendant la saison des pluies est presque douce, et qui même en
été
possède une salure toujours inférieure à 1°B.,
verra sa densité se rapprocher de celle du canal maritime; ce
phénomène
apportera une transformation complète de la faune et de la flore
actuelle."
Une dizaine d'années après l'ouverture de
cette communication directe entre Berre et l'Estaque, les pronostics de
Chevallier se trouvaient en partie réalisés. On ne
pouvait
cependant parler d'une transformation complète de la faune;
certaines
espèces avaient disparu, d'autres s'étaient nouvellement
introduites.
"Si bien que le canal du Rove, bien qu'il permette
l'entrée
d'eaux marines ne peut jouer un rôle aussi considérable
que
le Canal de Caronte. Il joue un rôle régulateur d'abord
pour
l'étang de Bolmon dont la jetée ne l'isole pas
parfaitement."
P. Mars, 1961.
Alors réouverture ? et pour quel objectif ?
La fermeture du tunnel a surtout un impact néfaste
en terme de pollutions olfactives pour les populations riveraines du
canal,
ainsi que pour l'étang du Bolmon qui a vu renforcer son
confinement
Depuis 1985 des travaux d'entretien sont effectués
pour contribuer à une amélioration du milieu: dragages du
canal, ouverture d'une galerie dans l'éboulement.
Des projets existent de réhabilitation et de
l'utilisation
du tunnel du Rove comme nouvelle voie de communication. En particulier
utilisation mixte en voie fluviale et voie ferrée.
Intérêts multiples :
réutilisation d'un ouvrage existant
emprises minimisées sur les propriétés
foncières.
amélioration des relations futures entre Marseille-Istres,
Martigues
et l'Ouest de l'Etang de Berre.
connexion sur le réseau urbain marseillais par les gares de
Saint-Henri
et Joliette.
réouverture à un passage d'eau entre l'Etang de Berre et
la Rade de Marseille.
sommaire
Chaîne de la
Sécurité
Industrielle
Quand un maillon cède, tout part...
Si la région a besoin de son industrie pour vivre, elle a
aussi
besoin de vivre en toute sécurité.
Or on note toute une série d'accidents sérieux ces
dernières
années :
-
en 89 une conduite crève dans la raffinerie Shell
-
en 89 à Shell Chimie, deux bacs implosent
-
en 90 à l'usine de l'Aubette, importante nappe de gaz qui
heureusement
n'a pas pris feu
-
en 91 incendie à la raffinerie de Berre, 1 blessé grave
-
en 92 explosion de la Mède, 6 morts
-
en 94 incendie à BP Lavera 2 morts
Dans ces accidents, quelle est la part
-
de la fatalité,
-
d'erreur(s) humaine(s),
-
de la baisse des effectifs par un recours abusif de la sous
traitance,
-
de la recherche du profit sous le nom de recherche de la
compétivité
?
Des solutions ?
|
• Priorité à la
sécurité
des hommes. Pas de licenciements compromettant la
sécurité.
Priorité à une main d'oeuvre qualifiée.
• Pour les grands complexes, maintien des services d'intervention
internes
avec des pompiers professionnels travaillant sur le site, ayant une
formation
chimique et une connaissance du terrain.
• Etablissement d'une carte des risques précise, permettant
de définir les effectifs, les moyens et la formation des sapeurs
pompiers du département.
• Politique de régionalisation des productions limitant le
transport
des matières dangereuses, celui-ci s'effectuant en
priorité
sur rail et eau.
• Traitement des déchets des activités industrielles
de la zone Etang de Berre /Fos au niveau régional.
Création
d'une décharge classée 1 en P.A.C.A.
• Refus que la zone de l'Etang ne devienne un centre de traitement
par incinération du Sud de l'Europe. |
|
sommaire
Le fond de l'air effraie
|
"Les preuves suggèrent l'existence d'une
influence
humaine perceptible sur le climat mondial"
(Groupement Intergouvernemental d'Etude sur les
Changements
climatiques)
|
|
La région Fos/ Etang de Berre est à la
fois
un émetteur important et un récepteur de pollution
atmosphérique.
Cette pollution a trois origines principales : les industries, les
transports
(aéroport, autoroutes), les foyers domestiques ; mais
également
l'agriculture, les brûlages sauvages, le milieu naturel
(étang...).
Les principaux polluants de la région sont :
SO2 (dioxyde de soufre), NOx (oxydes d'azote),
HC (hydrocarbures), 03 (ozone, pollution photochimique), CO
(monoxyde de carbone), CO2 (dioxyde de carbone), H2S
(hydrogène sulfuré),ClH (acide chlorhydrique), P.S.
(particules
en suspension), divers métaux lourds, etc...
La pollution n'est pas toujours
révélée
par des effets visuels (fumées) ou olfactifs (odeurs). Elle peut
être invisible et inodore et de ce fait difficile à
découvrir
et à surveiller car cela nécessite des moyens
scientifiques
et techniques.
Ses effets sont
immédiats sous forme de picotements, de gêne, de
malaise,
voire d'atteintes plus ou moins durables à la santé
(enquêtes
ERPURS, PANOXY)
latents avec conséquences à moyen terme et long terme :
affections
respiratoires et pulmonaires, cancers etc...
Sont touchés:
les hommes et le milieu naturel (les animaux, les plantes),
l'agriculture,
les constructions (habitations, monuments...) qui sont proches de la
source
de pollution
l'ensemble de la planète (pluies acides, effet de serre, trou
dans
la couche d'ozone).
L’action contre la pollution :
Les organismes officiels : le SPPPI depuis 1971 (problèmes de
pollution
industrielle) et AIRFOBEP depuis 1972 (mesure de la pollution de
l'air),
la DRIRE.
Les actions conduites ont surtout été dirigées
vers le SO2 dont les émissions ont été
diminuées.
Des procédures d'alerte tiennent compte des prévisions
météo.
24 stations mesurent le SO2, 8 les NOx, 4 les
HC, 2 les P.S., 1 les Fumées noires, 7 le 03
(pollution
photochimique).
Une station mobile (camion) couvre les trois réseaux de la
région.
Normes à respecter, Valeurs Guides et Valeurs Limites
Les normes à respecter, adoptées par l'administration,
sont élaborées par l'O.M.S., la CEE.. Elles tiennent
compte
des effets connus des polluants sur la santé, mais leur adoption
se heurte à des intérêts économiques
puissants.
L'administration (DRIRE) fixe des quotas d'émission pour le
SO2.
Information du public
Bulletins hebdomadaires dans la presse et sur Minitel: indice ATMO,
alerte d'Ozone (Directive CEE).
La Loi Lepage
le projet prévoit l'extension des réseaux de mesure et
des incitations limitées à réduire la pollution
par des " plans régionaux", " des plans de
déplacements
urbains" et des " plans de protection de l'atmosphère".
sommaire
Atmosphère,
atmosphère...
ce que propose le MNLE
Diminuer réellement la pollution.
Multiplier les stations de mesure, équipées pour la
majorité
des polluants existants, notamment ceux mentionnés dans la
Directive
Européenne.
Augmenter le nombre de laboratoires mobiles avec moyens accrus.
Rechercher toutes les sources potentielles et améliorer pour
chacune le contrôle à l'émission .
Faire respecter les seuils les plus bas possibles, modifier ces seuils
en baisse.
Approfondir la connaissance des effets sur la santé, notamment
dans les conditions locales.
Tenir compte des particularités locales (météo,
géographie) pour élaborer les normes à appliquer.
Agir sur les causes
Industrie : utilisation de combustibles BTS, brûleurs
à faible production de NOx, suppression des
évaporations,
techniques de production appropriées.
Transports : mesures d'ensemble en vue de favoriser les
véhicules
non polluants, ainsi que les transports en commun : rail, voies d'eau,
véhicules électriques, à gaz, à
biocarburants.
Favoriser au maximum la circulation des vélos, notamment en
ville.
Foyers domestiques : mettre à la disposition du public
des moyens de chauffage non polluants à des prix abordables.
Projets économiques et d' urbanisme : tenir compte des
impacts sur la qualité de l'air des extension d' aéroport
(prolongation de la piste de Marignane et augmentation du trafic),
suppression
d'espaces verts (plateau de l'Arbois...), formations de pièges
à
pollution lors de nouvelles constructions, sources nouvelles, etc...
A l'échelle planétaire :
Se placer dans les perspectives définies à Rio et
Montréal
pour la diminution de l'effet de serre (CO2) et la
protection
de la couche d'ozone.
Economiser l'énergie et développer les énergies
renouvelables.
Participation du public et transparence de l'information.
Communication en temps réel des données de l'auto
surveillance.
Interrogation du public.
Participation des associations et des syndicats aux
instances
de contrôle et de décision.
|
Inclure dans la loi sur l'air des
dispositions permettant
de réduire à sa plus simple expression la pollution de
l'air
en donnant des moyens pour réduire effectivement les sources. |
|
debut
Retour